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“Aujourd’hui, les outils collaboratifs et de lien avec les adhérents permettant la personnalisation, la flexibilité et la dématérialisation sont essentiels”.

Acteur engagé dans la santé au travail au sein de l’Association des Services de Santé au Travail des régions Paca et Corse, membre de la commission spécialisée de prévention au sein de l’Agence Régionale de Santé, directeur depuis 20 ans d’Expertis, Service de Santé au travail basé à Marseille et vice président de la Mutuelle Malakoff Humanis, groupe de protection sociale paritaire et mutualiste, Jean-Philippe Griva a développé une solide expérience et une expertise dans le domaine de la santé et plus particulièrement des services de santé au travail.

Nous sommes donc partis à sa rencontre afin de recueillir sa vision de la santé au travail et comprendre comment les outils et la plateforme Prev’entreprise vont demain simplifier le support à la stratégie de prévention et de santé au travail.

1.Expertis existe depuis 70 ans, vous en êtes le directeur depuis 20 ans, quelles évolutions avez-vous pu remarquer concernant la santé au travail au cours de ces dernières années ?

 

Un grand tournant en santé au travail s’est opéré il y a une quinzaine d’années. Avec l’évolution des textes réglementaires et l’arrivée de nouveaux métiers , nous sommes passés d’une offre de moyens à une offre de services. Cette transition s’est faite avec une évolution de la composition de nos métiers, mais aussi une évolution de nos façons de travailler. 

La relation de service que nous développons au sein d’Expertis, fondée en 1943, s’appuie sur un véritable travail d’équipe, avec le médecin, acteur incontournable dans la prévention et la santé au travail.

Majoritairement axée jusqu’aux années 90 sur les moyens et la prévention, avec notamment la visite médicale annuelle, la santé au travail s’exerce aujourd’hui davantage sur le terrain, avec des équipes pluridisciplinaires, déployant ainsi de nouveaux métiers, de nouvelles compétences, permettant de nouveaux partenariats et un suivi plus global de la santé au travail. 

Les évolutions technologiques ont également été très importantes. Mais la vraie force de notre service réside dans l’expérience et l’engagement de nos équipes. En effet, il faut garder un accompagnement humain et attentif. La technologie doit nous aider à pouvoir mieux nous consacrer à cela.

 

2.Expertis s’est étoffée, avec un Service social du travail et un  service d’action sociale, quelle est votre vision de la santé au travail ?

L’avenir est d’envisager la santé de manière globale et d’en avoir une approche systémique.
Expertis est un groupe intégrant cette globalité et nous avons des partenariats et des liens forts avec les acteurs du public et du privé, qui participent à tisser un réseau cohérent et mobilisé au service des entreprises et de leurs salariés.

Expertis n’a pas attendu l’obligation des services de santé d’avoir un service social pour coopérer avec un service social du travail émanant de la métallurgie lui aussi. Cela fait en effet déjà 20 ans que nous travaillons avec les assistantes sociales. Elles sont les personnes les mieux placées pour prendre en charge les situations complexes et faire le lien entre vie professionnelle et vie privée.. Elles assurent l’interface entre le salarié et son employeur dans l’objectif de répondre au mieux aux problématiques des salariés, tout en apportant un soutien aux équipes RH souvent démunies devant des situations qui sortent du contexte professionnel. Les assistantes sociales, en lien avec le médecin du travail et l’employeur contribuent au maintien dans l’emploi des personnes fragilisées.

À ce sujet, nous avons créé une plateforme de téléconsultation sociale du travail. Elle permet de développer une nouvelle forme d’intervention, d’apporter une expertise et une évaluation, de répondre en prenant en charge des situations complexes personnelles ou professionnelle et d’être acteur de la qualité de vie au travail et du bien-être au travail.
Accompagner le collaborateur et les membres d’un collectif de travail face à leurs problématiques constitue le cœur de notre savoir-faire. Dans cette démarche nos professionnels concourent à la performance globale de l’entreprise.

 

3.Quels rôles jouent les outils informatiques dans les quotidiens des services de santé ?

 

Nous assistons depuis quelques années à une accélération technologique avec les réseaux sociaux, la dématérialisation, les datas, etc…
Les Services de Santé au Travail ont suivi le mouvement et, à ce titre, nous pouvons affirmer que le papier carbone des avis d’aptitude appartient à l’histoire.

Désormais, les outils doivent permettre aux professionnels d’assurer un travail d’équipe efficace en favorisant par exemple la collaboration sur une intervention ou sur un dossier. Le partage d’information, le suivi et la traçabilité des actions en lien avec l’adhérent au sein d’un même outil collaboratif permet d’établir clairement des diagnostics partagés et des plans d’actions pertinents ciblés sur les besoins de l’entreprise.

La confidentialité est par ailleurs au cœur de notre culture et toutes nos technologies sont habilitées et normées pour notre activité de santé. Ces outils, dont nous ne pouvons plus nous passer, sont complètement intégrés dans nos pratiques ; ils nous font gagner du temps (ainsi qu’aux salariés) et nous permettent de mieux nous consacrer à nos missions principales afin de répondre avec plus d’agilité aux besoins, tout cela renforçant le lien avec les  salariés. En 2017 déjà, notre projet d’entreprise intégrait le rôle central du recours aux outils, nous permettant de mettre en place une transition vers plus de travail collaboratif et de concrétiser notre ambition pour :

  • Le renforcement de notre position en santé au travail, notamment en tant que référent dans l’industrie
  • La proposition d’une offre de service innovante et adaptée aux besoins des entreprises et de leurs salariés (avec des offres construites par tranche d’entreprise)
  • L’harmonisation de nos pratiques
  • L’amélioration de nos processus 
  • L’accélération de la digitalisation et de l’exploitation des données afin d’assurer la veille sanitaire et la traçabilité

Chacune de ces réflexions nous permet de contribuer à repenser ensemble les métiers de demain pour devenir l’observatoire de la santé au travail dans l’industrie et ainsi de nourrir l’action collective de l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie).

 

4.Vous avez choisi Prev’entreprise en tant que plateforme collaborative pluridisciplinaire de prévention et de santé, pourriez vous nous en citer les avantages ?

Prev’entreprise nous permet concrètement de déployer de manière optimale nos offres avec cohérence et de proposer un service de santé au travail digital intégré dans toutes les entreprises. Cette plateforme nous permet notamment de:

  • Réaliser les visites avec la téléconsultation, en santé et en social
  • Souscrire à des services de prévention avec le e-learning et les webinaires
  • Collecter des données avec le module Enquête, particulièrement important pour comprendre les besoins des salariés
  • Avoir accès à une synthèse via un tableau de bord intégrant les risques (utile pour sa stratégie de prévention), les rendez-vous à venir, la déclaration des accidents du travail, un espace de communication.
  • Développer des projets pluriannuels de prévention
  • Créer un compte personnel pour chaque salarié avec Adeline
  • Apporter du benchmark à l’entreprise dans un futur proche

C’est un outil pratique, car entièrement en ligne, facile à prendre en main, qui contient toutes les fonctionnalités nécessaires à notre travail quotidien.

Par ailleurs, cette plateforme collaborative pousse les adhérents à être plus autonomes et à devenir acteurs de leur santé au travail.

 

Propos recueillis par Juliette Seblon, rédactrice scientifique.
Spécialiste de l’information médicale.
Passionnée par les domaines de la santé et la sécurité au travail, l’innovation et les nouvelles technologies.

 


Téléconsultation : une progression inédite pendant la crise sanitaire 

Pendant la semaine du 23 au 29 mars, plus de 480 000 téléconsultations ont été facturées à l’Assurance maladie*, contre 10 000 début mars et 80 000 la deuxième semaine de mars. Une croissance exponentielle expliquée par le confinement, mais aussi par la capacité des professionnels de santé à répondre à ce besoin. Désormais, les téléconsultations représentent plus de 11% de l’ensemble des consultations. Alors aujourd’hui, où en est-on concrètement en terme de conditions de mise en place ? Val Solutions fait le point.  

Des conditions de téléconsultation assouplies 

Afin de limiter les déplacements en cabinets médicaux et le nombre de contaminations, deux décrets parus au Journal Officiel les 10 et 20 mars 2020 précisent de nouvelles mesures pour la télémédecine. Ainsi, les conditions d’exercice de celles-ci  ont été aménagées, jusqu’au 31 mai 2020, afin que les personnes atteintes ou potentiellement infectées par le Covid 19 puissent en bénéficier même si : 

  • Elles n’ont pas de médecin traitant la pratiquant, 
  • Elles n’ont pas été orientées par lui, 
  • Le médecin téléconsultant ne les connaît pas préalablement.

Autre assouplissement : alors qu’à l’origine, les consultations à distance doivent se faire en utilisant un ordinateur, une tablette ou un smartphone, une plateforme dédiée ou une application sécurisée, les activités de télésoin peuvent en ce moment être effectuées par téléphone lorsque le patient ne dispose pas du matériel nécessaire pour une vidéotransmission. Il est en revanche important de noter que ces assouplissements ne s’appliquent qu’en cas de symptômes du Covid-19. En effet, les patients ne seront pas remboursés s’ils sont hors parcours de soins ou en cas d’absence de rendez-vous physique dans les 12 derniers mois avec le médecin consulté.

Les médecins du travail en renfort des médecins libéraux 

Un décret inédit, lié au contexte exceptionnel est paru le 2 avril au Journal Officiel, concernant les médecins du travail. Il leur permet : 

  • De prescrire et, le cas échéant, de renouveler un arrêt de travail en cas d’infection ou de suspicion d’infection au covid-19
  • De procéder à des tests de dépistage du covid-19 selon un protocole défini par arrêté des ministres chargés de la santé et du travail
  • De reporter les visites médicales initialement prévues, au plus tard avant le 31 décembre 2020, sans faire obstacle, le cas échéant, à l’embauche ou à la reprise du travail. 

Permettant d’apporter soutien et aide à leurs confrères exerçants en libéral, cette décision d’inclure les médecins du travail est importante. 

Mais, condition sinequanone pour que ces transformations se passent dans les meilleures conditions possibles : l’accompagnement des professionnels de santé, afin que ceux-ci ne se sentent pas isolés et en autoformation. Ici, indubitablement, les entreprises spécialisées et expertes en santé au travail ont un rôle majeur à jouer. Solidarité en mettant gratuitement à disposition des plateformes innovantes, engagement dans le soutien quotidien des salariés et leurs nouveaux modes de vie dû au confinement, l’attente est grande. 

 

Penser l’après-crise sanitaire 

Aujourd’hui et demain, le travail va s’exercer chez soi pour partie. La qualité de vie au travail pourra s’en ressentir car le télétravail faire apparaître de nouveaux risques de santé au travail : troubles du sommeil, stress démultiplié, tension psychologique, mauvaises postures adoptées, absence de pauses peuvent par exemple apparaître.  

Ainsi, les bonnes pratiques mises en œuvre  sur le lieu de travail doivent aussi être appliquées à domicile : s’imposer un rythme, se préparer le matin, s’octroyer des pauses régulières, manger sainement, pratiquer une activité physique, s’étirer. 

Pour les personnes continuant à se rendre sur leur(s) lieu(x) de travail, la promotion des gestes barrières par les médecins du travail reste essentielle. 

C’est donc tout un accompagnement individualisé, pour la bonne santé de toute une société, qui doit être repensé. Les solutions logicielles dédiées à la santé et à la prévention des risques au travail seront alors des outils essentiels dans l’accompagnement de la gestion de cette crise, et doivent s’inscrire dans une logique pérenne de  long terme.

 

Propos recueillis par Juliette Seblon, rédactrice scientifique
Spécialiste de l’information médicale.
Passionnée par les domaines de la santé et la sécurité au travail, l’innovation et les nouvelles technologies.

 

Sources 

Téléconsultation : un assouplissement des règles pour le coronavirus. Service public.fr. Consulté le 7 avril 2020.
https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A13924

Coronavirus. La médecine du travail s’adapte à l’épidémie. Ouest France.fr. Consulté le 7 avril 2020.
https://www.ouest-france.fr/economie/emploi/droit-du-travail/coronavirus-la-medecine-du-travail-s-adapte-l-epidemie-6800353

Comment la téléconsultation a permis de trier les malades en Alsace. Rue89 Strasbourg. Consulté le 7 avril 2020.https://www.rue89strasbourg.com/teleconsultation-trier-les-patients-coronavirus-alsace-171941

*Coronavirus : la téléconsultation en croissance exponentielle. Argus de l’assurance.com. Consulté le 7 avril 2020.
https://www.argusdelassurance.com/assurance-de-personnes/sante/coronavirus-la-teleconsultation-en-croissance-exponentielle.162771

Téléconsultation : accès facilité pendant le confinement. 60 millions mag.com. Consulté le 7 avril 2020.
https://www.60millions-mag.com/2020/04/06/teleconsultation-un-acces-facilite-le-temps-du-confinement-17357