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“Je pense que la simplification de l’évaluation des risques est indispensable pour donner du sens à l’action de prévention en s’appuyant sur des outils numériques”.

Directrice du Service de Santé au Travail des Landes, présidente de l’AVIP, l’ Association Val solutions pour une Informatique Partenaire, Anne Plantif a acquis une riche expérience dans la santé au travail. Entre nouvelle réforme et besoins actuels du secteur, nous sommes partis à sa rencontre pour faire le point.

1_ Anne, selon votre expérience en tant que Directrice de Santé au travail, quelle sont les principaux composants pour une meilleure santé au travail  ?

J’en vois deux principaux :

  •  Permettre une évolution permanente des actions aux besoins des adhérents et des salariés
  • Accompagner le changement.

En effet, un des défis majeurs est de savoir s’adapter au monde du travail tel qu’il est et d’ajuster l’offre. Un bon exemple à citer est celui du télétravail et des nouvelles formes de travail à distance. Il faut pouvoir cerner les besoins et les évolutions , être en veille, et ce, afin de proposer des actions adaptées et de se renouveler.

2_ En tant que présidente de l’AVIP, dont l’”objet est d’engager toute initiative, de prendre toute décision susceptible d’assurer la sauvegarde, la défense, la protection et le développement de tout dispositif et système informatique concernant la santé au travail”, quelle sont vos principales préoccupations ?

 

Je souhaite porter les demandes d’évolutions des SSTI utilisateurs pour répondre aux besoins de prévention des entreprises et de leurs salariés :

  • accompagner les services adhérents pour un usage performant de leurs logiciels (journées adhérents, recueil de besoins)
  • pour disposer de solutions adaptées aux exigences de la profession : suivi individuel, évaluation des risques, tableaux de bord, travail en équipes, sécurité des données, prises en charge de populations d’entreprises et de salariés (épidémiologie, veille sanitaire, alertes, actions auprès de branches etc …),
  • intégrer les évolutions réglementaires au logiciel : par exemple dans le contexte de covid, nous avons pu travailler avec l’éditeur Val Solutions pour bénéficier dès début mars d’un outil de téléconsultation
  • innover pour renforcer la prévention par de nouvelles solutions numériques et conserver le lien humain plus qualitatif

 

3_ Comment gérez vous au sein de votre Service de Santé au Travail l’approche de la réforme de la santé au travail ?

 

Nous avons depuis longtemps une équipe pluridisciplinaire très étoffée animée par les médecins du travail, cela nous permet de mobiliser des compétences complémentaires. C’est un atout pour faire évoluer régulièrement les prestations aux besoins des adhérents.

Le service innove également : le projet APPTIV initié par le PST66 avec l’aide des équipes de VAL Solutions a permis dès la parution du rapport de Madame Lecocq de montrer un autre visage de la santé au travail et de faire évoluer la perception sur l’offre de services des SSTI.

Je remercie à ce titre les équipes du SSTL de s’être lancées dans cette innovation. Nous allons débuter une expérimentation sur le MEE (Maintien En Emploi) via APPTIV qui va là aussi nous mobiliser.

 

4_Dans le contexte de cette réforme, le gouvernement propose un document de cadrage, dans lequel sept objectifs prioritaires sont retenus. Qu’en pensez-vous ?

 

Je pense que la simplification de l’évaluation des risques est indispensable pour donner du sens à l’action de prévention en s’appuyant sur des outils numériques. Mieux accompagner certains publics tels que les intérimaires ou les salariés fragiles en lien avec les autres acteurs du MEE et offrir des prestations homogènes aux entreprises sont aussi deux axes forts.

La période covid a permis de mettre en lumière l’action indispensable des SST, c’est une dynamique importante.

 

Propos recueillis par Juliette Seblon, rédactrice scientifique.
Spécialiste de l’information médicale.
Passionnée par les domaines de la santé et la sécurité au travail, l’innovation et les nouvelles technologies.


Ce qui m’enthousiasme le plus dans ce métier, c’est d’apporter une aide directe aux utilisateurs avec rigueur et réactivité

Le « Software-as-a-Service », né il y a près de 20 ans, est aujourd’hui un modèle en terme de réussite des entreprises. Avec une stratégie tournée sur la satisfaction des clients avant tout, les Customer Success Managers sont devenus indispensables au succès des solutions innovantes proposées. Myriam Falandry, technicien support fonctionnel chez Val Solutions, témoigne.

 

1_ Myriam, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste votre métier ? 

 

Mon de cœur de métier est le support fonctionnel sur les produits et offres que nous distribuons, au sein du Centre de Services.

 

Dans un contexte de support aux utilisateurs, j’apporte une assistance, des services et des conseils par ma connaissance du métier de la prévention et de la santé au travail, du client et des applicatifs (les solutions).

Je dois être capable de diagnostiquer, et traiter les demandes de maintenance afin de garantir un service de qualité.

Dans ce métier, la démarche consiste, en amont, à recueillir la problématique formulée par les utilisateurs auprès du centre de services et à leur apporter une aide immédiate si cela est possible.

Si cela n’est pas possible nous analysons le signalement et nous le transférons à un autre intervenant ,au niveau supérieur, si nous n’arrivons pas à le traiter. Nous sommes tenus au respect des SLA (Service Level Agreement), c’est-à-dire des engagements de niveau de service afin de réduire le plus possible le délai de résolution ou de contournement de la demande de l’utilisateur.

 

Ce qui m’enthousiasme le plus dans ce métier, c’est d’apporter une aide directe aux utilisateurs avec rigueur et réactivité. Pour moi la satisfaction des clients est une priorité.

Nous sommes en contact quotidien permanent avec les utilisateurs, et en ce sens, nous jouons un rôle primordial dans la relation client par l’information et la communication.

 

Pour faire simple il faut assister ou dépanner le client qui utilise nos solutions le plus rapidement et le plus efficacement possible afin de lui éviter tout désagrément dans son quotidien professionnel.

 

Quelques exemples sur les missions :

 

  • Des réponses liées à l’exploitation du logiciel dans le cadre des produits que nous distribuons
  • Diagnostiquer et corriger les dysfonctionnements décrits par les utilisateurs
  • De l’aide au paramétrage
  • La gestion des accès ….

 

2_ En quoi pensez-vous que les besoins des utilisateurs de Prev entreprise ont évolué depuis ces dernières années ? 

 

Nos clients services de santé au travail ont évolué par l’intégration de nouveaux métiers, au-delà du médecin du travail qui est devenu le coordonnateur d’une équipe de professionnels pluridisciplinaires.

Nos offres Preventiel et Prev’entreprise doivent s’adapter à ces nouveaux acteurs en apportant à chacun de ces professionnels les outils dont ils ont besoin dans leur contexte opérationnel en pleine mutation suite à de nombreuses réformes réglementaires.

Les besoins de nos clients ont aussi évolué vers plus de transparence par la mise en valeur de leurs actions et de communication envers les entreprises et les salariés. Prev’entreprise est un lien digital fort que tissent nos clients avec leurs adhérents et les salariés qu’ils suivent. Ceux-ci peuvent ainsi retrouver en ligne de manière sécurisée des informations sur leur suivi médical et des conseils de prévention, processus particulièrement utile en période de crise sanitaire comme celle dans laquelle nous sommes plongés. Ils peuvent aussi prendre des rendez-vous en ligne comme avec leur médecin traitant.

La crise a aussi déclenché de nouvelles pratiques professionnelles par l’arrivée de la téléconsultation en santé au travail, de manière intégrée dans Preventiel.

Enfin, les clients sont plus attentifs à la sécurité de l’hébergement des données de santé, et à l’évolution de leur infrastructure informatique, ils ont tout intérêt à choisir une offre Saas pour avoir l’esprit libre sur ces sujets sensibles.

 

3_ Un des défis de votre métier consiste à s’assurer de la bonne compréhension de la solution communiquée au client. Quelles seraient vos recommandations à ce sujet ? 

J’essaye de privilégier le contact téléphonique avec les utilisateurs car cela permet de reformuler leur besoin sans malentendu et de tisser du lien social avec eux : c’est toujours plus facile et plus agréable d’avoir un interlocuteur au téléphone qu’un échange plus froid et moins clair par simple email.

Avant de conclure un appel je m’assure toujours que la solution apportée à bien répondu à la demande du client, cette confirmation permet de mesurer aussi la satisfaction du client.

Nous utilisons également des outils de télémaintenance de partage d’écran qui nous permettent de mieux comprendre la problématique et de mieux expliquer les manipulations de certaines fonctionnalités, et ce, en temps réel.

Enfin, quand cela est nécessaire, je transmets en complément un mail de procédure au client afin qu’il puisse toujours avoir accès aux bonnes informations, mémorisées, et qui peuvent lui servir de référence ultérieurement.

 

4_ Comment voyez-vous évoluer votre métier dans les 10 prochaines années ? 

Il est difficile aujourd’hui de prévoir l’évolution des métiers de l’informatique sur une période si longue !

Il était difficile de prévoir précisément le monde des Big Data et du cloud computing il y a ne serait-ce que 15 ans.

On sait que les technologies évoluent à vitesse exponentielle. On parle beaucoup de la montée en puissance de l’intelligence artificielle. Est-ce que dans 10 ans les fonctions support seront robotisées avec des systèmes experts ? J’espère que l’humain restera au cœur de ses fonctions car je mesure tous les jours l’importance d’une relation humaine chaleureuse et conviviale lorsqu’un professionnel est en difficulté dans son travail quotidien, souvent source de stress que nous contribuons à réduire par notre intervention.

Mais je pense que les métiers de l’informatique sont ainsi voués à évoluer, dans un contexte en mouvement permanent, ce qui est aussi ce que j’apprécie dans mon métier.

 

Propos recueillis par Juliette Seblon, rédactrice scientifique.
Spécialiste de l’information médicale.
Passionnée par les domaines de la santé et la sécurité au travail, l’innovation et les nouvelles technologies.

 


“ Dans un monde de plus en plus digitalisé, la place des logiciels gagne en importance, et à plusieurs niveaux ! “

Ingénieur conseil et responsable d’un service de préventeurs pendant 9 ans puis directrice de MTN prévention depuis 3 ans, Christine Lancelot encadre une équipe de 47 salariés et son service couvre le département de la Nièvre avec 4500 entreprises adhérentes et 38500 salariés suivis. Médecin du travail depuis 13 ans à MTN PREVENTION, le Dr Dan Vasile s’est fortement investi dans l’utilisation des outils informatiques au profit du suivi médical, du repérage des risques et de la traçabilité des expositions. Nous sommes partis à leur rencontre afin d’évaluer ensemble les besoins émergents actuels des services de santé au travail inter entreprise.

 

1- Pouvez-vous nous expliquer en quoi consistent les missions d’un service de Santé au Travail?

 

Christine Lancelot

 

On pense souvent que le service de Santé au Travail repose essentiellement sur les visites médicales. Or ce n’est pas que ça et nos missions sont basées sur 4 grands axes importants :

 

  • L’action de santé au travail : on va aller sur le terrain et réaliser des actions de prévention, de conseils, d’analyses, d’études de poste. Ces actions de santé sont réalisées par les équipes techniques, les médecins, infirmiers et préventeurs qui nous aident à assurer au mieux cette mission.

 

  • Le conseil : auprès des employeurs, mais également des salariés lors des visites médicales effectuées par les infirmiers et les médecins et des représentants des salariés.

 

  • Le suivi de l’état de santé des salariés : assuré par les médecins du travail et les infirmiers. C’est un point particulièrement important, qui nous différencie en quelque sorte des autres services de conseil. En effet, grâce à ce suivi, nous sommes à même d’observer une altération de l’état de santé d’un salarié et de réagir à temps.

 

  • Le recueil des données : représente la partie épidémiologique et d’évaluation des risques professionnels et nous permet de repérer les risques de santé à un niveau plus global, national et d’être efficace dans l’interopérabilité des services.

 

Nous avons en définitive une offre de service très complète, en train d’être mutualisée avec les autres SST afin de garantir une cohérence et une véritable identité des SST.

 

2- Quelles évolutions avez-vous pu remarquer concernant la santé au travail au cours de ces dernières années ?

 

Dr Dan Vasile 

 

Je dirai tout d’abord que nous sommes passés d’une équipe constituée d’un médecin et d’une secrétaire à une équipe plus pluridisciplinaire.

Aujourd’hui, les médecins du travail ne sont plus assez nombreux pour assurer l’ensemble des missions. Ainsi, depuis quelques années, nous observons une montée en compétences  des infirmiers et infirmières, qui assurent une partie des entretiens et en qui les salariés ont de plus en plus confiance.

Ensuite, nous observons une augmentation des besoins pour les visites de maintien à l’emploi, ainsi que pour des conseils en termes d’ergonomie et de prévention des risques psychosociaux. À ce sujet, nous sentons la nécessité de s’entourer de plus en plus de spécialistes dans ces domaines, afin de pouvoir assurer un service de bonne qualité.

Enfin, l’évolution numérique de nos métiers et l’émergence de pratique comme celle de la téléconsultation, qui apportent un soulagement dans un certain nombre de situations.

 

Christine Lancelot

 

Il est vrai qu’aujourd’hui, nous sommes dans une logique de visites beaucoup plus adaptée aux risques et aux besoins des salarié(e)s qu’avant. Les visites pour le maintien dans l’emploi sont un point très important car elles permettent de trouver des solutions et d’éviter la désinsertion professionnelle des salariés. Nous oeuvrons au quotidien pour garder au maximum le contact avec eux, grâce à un suivi régulier et des actions concrètes de prévention. En cette période de crise sanitaire, économique et sociale, nous voyons une augmentation des risques psycho-sociaux, avec des salariés sujets au stress et à l’anxiété. Dans les mois à venir, ce sujet, pas toujours facile à traiter et aborder, sera sans doute au premier plan de nos préoccupations.

 

Par ailleurs, en termes d’évolution technique, nous avons un rôle important à jouer dans la rédaction des fiches d’entreprises, qui permettent entre autre de repérer les risques au sein de leurs entreprises, de mettre à jour leur Document Unique, et, pour les médecins, d’adapter leur surveillance.

Enfin, comme le disait Dr Vasile, de plus en plus de spécialités apparaissent et, à titre d’exemple, les demandes en étude ergonomique ou étude de poste sont de plus en plus nombreuses.

 

3- Selon vous, quelle place occupe les logiciels santé dans les bonnes pratiques de la santé au travail ?

 

Dr Dan Vasile 

 

Dans un monde de plus en plus digitalisé, la place des logiciels gagne en importance, et à plusieurs niveaux :

  • Nous avons besoin de logiciels performants comme celui de VAL Solutions pour avoir accès, en équipe pluridisciplinaire, au partage de données organisées.
  • La partie épidémiologique que nous permet le module statistique (source de diagnostic par ailleurs) devient elle aussi essentielle, pour répondre aux besoins des entreprises d’avoir une vision globale de l’état de santé des salariés, des actions de prévention mises ou à mettre en place. Tout cela, dans le respect du secret médical et de la sécurité des données.
  •  La flexibilité que le logiciel nous apporte pour  la prise de rendez-vous des visites, avec la possibilité de choisir la plage horaire correspondant le mieux pour les salariés.

 

De manière générale, les logiciels santé nous permettent de repérer les risques, d’enclencher les plans d’actions adéquats, de progresser dans notre stratégie de prévention et d’avoir une vision globale de la santé des salariés, pour le médecin, mais aussi pour l’entreprise.

 

4- Aujourd’hui et pour demain, qu’attendez-vous d’une Plateforme digitale et collaborative comme Preventiel© et Prev’entreprise de ©VAL Solutions ?

 

Dr Dan Vasile 

 

La centralisation des applications et des modules sur une même plateforme…comme la téléconsultation par exemple que je souhaiterais retrouver sur Preventiel.

Ensuite, si je dois pousser la réflexion sur une vision long terme, le développement de l’intelligence artificielle au sein des modules, avec, par exemple des saisies encore plus intuitives, des commandes vocales ou encore des algorithmes médicaux aidant le praticien dans sa prise en charge : rappels des facteurs de risque pour certaines maladies ou des dernières réglementations HAS.

Enfin, une consultation sur tablette interactive avec le salarié serait intéressante avec un recueil de données en direct fourni à la fois par le patient et le médecin.

 

Christine Lancelot 

 

Nous avons amorcé le virage de la dématérialisation et, pour plus de fluidité et de cohérence nous devons encore travailler sur l’interopérabilité qui permet une meilleure prise en charge de la santé des salariés.

Je pense ici par exemple à la possibilité, pour les différents services de santé au travail, de communiquer plus facilement entre les différents logiciels médicaux, à tout moment, quelque soit la zone géographique.

 

Enfin, pendant cette période de crise sanitaire nous avons été très contents de pouvoir mettre rapidement et efficacement en place la téléconsultation. Mais si ces épisodes de pandémies continuent, je pense, qu’à terme, il faudra commencer à réfléchir à étoffer l’offre du logiciel et permettre, par exemple, aux préventeurs d’évaluer à distance les milieux de travail et les postes.

Propos recueillis par Juliette Seblon, rédactrice scientifique.
Spécialiste de l’information médicale.
Passionnée par les domaines de la santé et la sécurité au travail, l’innovation et les nouvelles technologies.