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“ Dans un monde de plus en plus digitalisé, la place des logiciels gagne en importance, et à plusieurs niveaux ! “

Ingénieur conseil et responsable d’un service de préventeurs pendant 9 ans puis directrice de MTN prévention depuis 3 ans, Christine Lancelot encadre une équipe de 47 salariés et son service couvre le département de la Nièvre avec 4500 entreprises adhérentes et 38500 salariés suivis. Médecin du travail depuis 13 ans à MTN PREVENTION, le Dr Dan Vasile s’est fortement investi dans l’utilisation des outils informatiques au profit du suivi médical, du repérage des risques et de la traçabilité des expositions. Nous sommes partis à leur rencontre afin d’évaluer ensemble les besoins émergents actuels des services de santé au travail inter entreprise.

 

1- Pouvez-vous nous expliquer en quoi consistent les missions d’un service de Santé au Travail?

 

Christine Lancelot

 

On pense souvent que le service de Santé au Travail repose essentiellement sur les visites médicales. Or ce n’est pas que ça et nos missions sont basées sur 4 grands axes importants :

 

  • L’action de santé au travail : on va aller sur le terrain et réaliser des actions de prévention, de conseils, d’analyses, d’études de poste. Ces actions de santé sont réalisées par les équipes techniques, les médecins, infirmiers et préventeurs qui nous aident à assurer au mieux cette mission.

 

  • Le conseil : auprès des employeurs, mais également des salariés lors des visites médicales effectuées par les infirmiers et les médecins et des représentants des salariés.

 

  • Le suivi de l’état de santé des salariés : assuré par les médecins du travail et les infirmiers. C’est un point particulièrement important, qui nous différencie en quelque sorte des autres services de conseil. En effet, grâce à ce suivi, nous sommes à même d’observer une altération de l’état de santé d’un salarié et de réagir à temps.

 

  • Le recueil des données : représente la partie épidémiologique et d’évaluation des risques professionnels et nous permet de repérer les risques de santé à un niveau plus global, national et d’être efficace dans l’interopérabilité des services.

 

Nous avons en définitive une offre de service très complète, en train d’être mutualisée avec les autres SST afin de garantir une cohérence et une véritable identité des SST.

 

2- Quelles évolutions avez-vous pu remarquer concernant la santé au travail au cours de ces dernières années ?

 

Dr Dan Vasile 

 

Je dirai tout d’abord que nous sommes passés d’une équipe constituée d’un médecin et d’une secrétaire à une équipe plus pluridisciplinaire.

Aujourd’hui, les médecins du travail ne sont plus assez nombreux pour assurer l’ensemble des missions. Ainsi, depuis quelques années, nous observons une montée en compétences  des infirmiers et infirmières, qui assurent une partie des entretiens et en qui les salariés ont de plus en plus confiance.

Ensuite, nous observons une augmentation des besoins pour les visites de maintien à l’emploi, ainsi que pour des conseils en termes d’ergonomie et de prévention des risques psychosociaux. À ce sujet, nous sentons la nécessité de s’entourer de plus en plus de spécialistes dans ces domaines, afin de pouvoir assurer un service de bonne qualité.

Enfin, l’évolution numérique de nos métiers et l’émergence de pratique comme celle de la téléconsultation, qui apportent un soulagement dans un certain nombre de situations.

 

Christine Lancelot

 

Il est vrai qu’aujourd’hui, nous sommes dans une logique de visites beaucoup plus adaptée aux risques et aux besoins des salarié(e)s qu’avant. Les visites pour le maintien dans l’emploi sont un point très important car elles permettent de trouver des solutions et d’éviter la désinsertion professionnelle des salariés. Nous oeuvrons au quotidien pour garder au maximum le contact avec eux, grâce à un suivi régulier et des actions concrètes de prévention. En cette période de crise sanitaire, économique et sociale, nous voyons une augmentation des risques psycho-sociaux, avec des salariés sujets au stress et à l’anxiété. Dans les mois à venir, ce sujet, pas toujours facile à traiter et aborder, sera sans doute au premier plan de nos préoccupations.

 

Par ailleurs, en termes d’évolution technique, nous avons un rôle important à jouer dans la rédaction des fiches d’entreprises, qui permettent entre autre de repérer les risques au sein de leurs entreprises, de mettre à jour leur Document Unique, et, pour les médecins, d’adapter leur surveillance.

Enfin, comme le disait Dr Vasile, de plus en plus de spécialités apparaissent et, à titre d’exemple, les demandes en étude ergonomique ou étude de poste sont de plus en plus nombreuses.

 

3- Selon vous, quelle place occupe les logiciels santé dans les bonnes pratiques de la santé au travail ?

 

Dr Dan Vasile 

 

Dans un monde de plus en plus digitalisé, la place des logiciels gagne en importance, et à plusieurs niveaux :

  • Nous avons besoin de logiciels performants comme celui de VAL Solutions pour avoir accès, en équipe pluridisciplinaire, au partage de données organisées.
  • La partie épidémiologique que nous permet le module statistique (source de diagnostic par ailleurs) devient elle aussi essentielle, pour répondre aux besoins des entreprises d’avoir une vision globale de l’état de santé des salariés, des actions de prévention mises ou à mettre en place. Tout cela, dans le respect du secret médical et de la sécurité des données.
  •  La flexibilité que le logiciel nous apporte pour  la prise de rendez-vous des visites, avec la possibilité de choisir la plage horaire correspondant le mieux pour les salariés.

 

De manière générale, les logiciels santé nous permettent de repérer les risques, d’enclencher les plans d’actions adéquats, de progresser dans notre stratégie de prévention et d’avoir une vision globale de la santé des salariés, pour le médecin, mais aussi pour l’entreprise.

 

4- Aujourd’hui et pour demain, qu’attendez-vous d’une Plateforme digitale et collaborative comme Preventiel© et Prev’entreprise de ©VAL Solutions ?

 

Dr Dan Vasile 

 

La centralisation des applications et des modules sur une même plateforme…comme la téléconsultation par exemple que je souhaiterais retrouver sur Preventiel.

Ensuite, si je dois pousser la réflexion sur une vision long terme, le développement de l’intelligence artificielle au sein des modules, avec, par exemple des saisies encore plus intuitives, des commandes vocales ou encore des algorithmes médicaux aidant le praticien dans sa prise en charge : rappels des facteurs de risque pour certaines maladies ou des dernières réglementations HAS.

Enfin, une consultation sur tablette interactive avec le salarié serait intéressante avec un recueil de données en direct fourni à la fois par le patient et le médecin.

 

Christine Lancelot 

 

Nous avons amorcé le virage de la dématérialisation et, pour plus de fluidité et de cohérence nous devons encore travailler sur l’interopérabilité qui permet une meilleure prise en charge de la santé des salariés.

Je pense ici par exemple à la possibilité, pour les différents services de santé au travail, de communiquer plus facilement entre les différents logiciels médicaux, à tout moment, quelque soit la zone géographique.

 

Enfin, pendant cette période de crise sanitaire nous avons été très contents de pouvoir mettre rapidement et efficacement en place la téléconsultation. Mais si ces épisodes de pandémies continuent, je pense, qu’à terme, il faudra commencer à réfléchir à étoffer l’offre du logiciel et permettre, par exemple, aux préventeurs d’évaluer à distance les milieux de travail et les postes.

Propos recueillis par Juliette Seblon, rédactrice scientifique.
Spécialiste de l’information médicale.
Passionnée par les domaines de la santé et la sécurité au travail, l’innovation et les nouvelles technologies.