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Journée nationale du maintien dans l’emploi : où en est-on aujourd’hui ?

Journée nationale du maintien dans l'emploi

Jeudi 2 avril aura lieu, pour la deuxième année consécutive, la Journée nationale du maintien dans l’emploi, organisée par les Services de santé au travail interentreprises du Réseau Presanse (organisme représentatif des Services de Santé au Travail Interentreprises). Partout en France seront réalisées des ateliers, des portes ouvertes, des animations, avec pour thématique cette année “Santé et Maintien en emploi”. Cette journée sera également l’occasion d’éclairer sur les démarches et ressources disponibles, pour les salariés et les employeurs en cas d’absence prolongée, d’arrêt de travail, de maladie, de difficultés à tenir un poste, de handicap, ou encore de répercussions suite à un accident du travail.

 

D’une situation personnelle aux difficultés professionnelles

Au cours d’une vie professionnelle, nombreuses seront les personnes qui feront face à des difficultés dans leur emploi : celles en situation de handicap et celles porteuses de maladies chroniques.
15 % de la population mondiale est en situation de handicap, soit un milliard de personnes. De fait, le droit à un  travail décent reste une difficulté pour ces personnes, et, dans bien des cas, elles seront confrontées à de nombreux obstacles physiques et informationnels, connaîtront un taux de chômage et d’inactivité plus élevés que les personnes sans handicap et bénéficieront d’une protection sociale inadaptée. Ainsi, au sein de l’Union européenne, 60 % des personnes handicapées ont un emploi contre 82 % pour le reste de la population. En France, sur les 2,7 millions de personnes handicapées en âge de travailler, seulement 938 000 d’entres elles sont en poste. Quant aux personnes porteuses de maladies chroniques, définies par l’OMS comme “un problème de santé qui nécessite une prise en charge sur plusieurs années”, elles en subiront souvent les conséquences, à plus ou moins long terme, avec des répercussions sur leur vie professionnelle. Ces maladies, comme le diabète, la sclérose en plaque, les myopathies, la dépression, qui évoluent plus ou moins rapidement, peuvent se traduire au final par un risque d’invalidité ou de handicap temporaire ou permanent.

 

Le maintien dans l’emploi : un enjeu politique

Le 5 septembre 2018, la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » a réformé l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés. En vigueur à partir du 1er janvier 2020, elle a pour objectif de responsabiliser tous les employeurs et toutes les entreprises, y compris celles comptant moins de 20 salariés, en rendant obligatoire la déclaration de leur effort en faveur de l’emploi des personnes handicapées. À partir de 2021, les organismes sociaux communiqueront par ailleurs les effectifs de Bénéficiaires de l’Obligation d’Emploi des Travailleurs Handicapés (BOETH) à employer. Permettant d’avoir une vision plus juste de la part d’emploi réellement occupée, le taux d’emploi des personnes en situation de handicap reste cependant fixé à 6 % de l’effectif de l’entreprise.
Mais se faire reconnaître comme travailleur handicapé requiert d’avoir accès aux bonnes informations afin de pouvoir bénéficier, notamment, d’un contrat de rééducation professionnelle, d’un accueil en établissement ou du service d’aide par le travail ou encore des différentes aides pour l’emploi.

 

Un enjeu sociétal également

Le maintien à l’emploi, c’est le fait de pouvoir continuer à exercer un métier, en fonction de ses capacités physiques ou psychiques. Le médecin du travail, sera donc le premier interlocuteur, qui  pourra comprendre les difficultés du salarié et mettre en place des solutions concrètes. Ainsi seront possibles : un aménagement ergonomique ou du temps du poste actuel occupé, un reclassement à un autre poste, une réorientation professionnelle. Aujourd’hui est reconnu comme travailleur en situation de handicap « toute personne dont les possibilités d’obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l’altération d’une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique ». Pour y avoir droit, une demande doit être déposée auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) du lieu de résidence du demandeur, à l’aide de deux formulaires pouvant être complétés par le médecin du travail. Des aides financières, auprès d’organismes comme l’Agefiph ou une aide médico-social comme auprès des services d’aide par le travail (ESAT) sont également possibles.

 

Un sujet qui nous concerne tous

Dans le secteur public comme dans le secteur privé, et suite à la loi votée en 2005, l’embauche des personnes en situation est en constante augmentation, et les organismes comme Missions Locales, Pôle Emploi ou Cap emploi jouent un rôle important dans les processus de recrutement. Par ailleurs, il a souvent été relevé par les Commissions sur les droits des personnes handicapées que l’amélioration du taux d’emploi des personnes handicapées permet d’augmenter les profits des entreprises sans que celles-ci n’aient à faire des changements coûteux dans l’environnement de travail pour accueillir les personnes handicapées. Cette journée nationale sera donc l’occasion de faire le point sur les dernières données et de communiquer sur ce sujet qui nous concerne tous.

 

Avant cette journée du 2 avril, deux journées de formation les 30 et 31 mars, sont organisées par Val Solutions et Ariane Conseil, spécialiste handicap, santé et qualité de vie au travail, pour permettre aux professionnels de la santé au travail d’accompagner au mieux  ces situations.
👉  Le lundi 30 mars se déroulera la formation la formation “Agir pour l’emploi des personnes en situation de handicap”, afin :

  • De mieux maîtriser les nouvelles obligations des employeurs
  • D’élargir votre vision des dispositifs d’aide au maintien dans l’emploi
  • De répondre aux interrogations concernant le statut de travailleur handicapé

👉  Le mardi 31 mars, la journée “Agir pour l’emploi des personnes porteuses de maladies chroniques “ explorera les thématiques :

  • Comprendre les spécificités et conséquences d’une maladie chronique sur le travail
  • Intégrer les enjeux de la vie professionnelle avec une maladie chronique
  • Elargir votre vision des dispositifs d’aide au maintien dans l’emploi

 

🙌 Une thématique vous intéresse ?  Les deux ? Inscrivez vous ici :

 

Juliette S.

Sources :

Handicap et travail. Ilo.org. Consulté le 3 mars 2020.
https://www.ilo.org/global/topics/disability-and-work/WCMS_475651/lang–fr/index.htm

Nous avons besoin de données objectives sur le handicap au travail. Ilo.org. Consulté le 3 mars 2020.
https://www.ilo.org/global/about-the-ilo/newsroom/news/WCMS_736559/lang–fr/index.htm

Obligation d’emploi des travailleurs handicapés, ce qui change en 2020. Travail emploi gouv. fr. Consulté le 3 mars 2020.
https://travail-emploi.gouv.fr/emploi/emploi-et-handicap/article/obligation-d-emploi-des-travailleurs-handicapes-ce-qui-change-en-2020

Handicap et travail. Travail emploi gouv.fr. Consulté le 3 mars 2020.
https://travail-emploi.gouv.fr/droit-du-travail/handicap-et-travail/

Plaquette maintien à l’emploi. Sistm50.com. Consulté le 3 mars 2020.
https://docs.google.com/viewerng/viewer?url=https://sistm50.com/wp-content/uploads/2017/04/Plaquette_Maintien_emploi_web_SISTM.pdf?1583248047&hl=fr

Centre de ressources. Agefiph.fr. Consulté le 3 mars 2020.
https://www.agefiph.fr/centre-de-ressources