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[BREVE] Les analyses de l’enquête de la CFDT sur la santé mentale au travail publiées

200 000 participants (salariés, indépendants, retraités, sans emploi…) ont répondu aux 200 questions de « Parlons Travail », une enquête en ligne qui a été lancée par la CFDT en septembre dernier, et restée ouverte jusqu’en décembre.

Les 20 millions de réponses ont ensuite été confiées à Marie-Anne Dujarier, sociologue, ainsi qu’à Céline Mardon et Serge Volkoff, statisticiens et ergonomes, qui les ont analysées. A savoir que cette enquête n’était pas représentative, puisque les répondants pouvant participer comme bon leur semble, et qu’on y retrouve bien évident un taux important de syndiqués (deux répondants sur cinq étaient de la CFDT, qui en fait ne représentent que 4% des salariés en France). Cela dit, cette analyse a été réalisée après pondération des résultats. Même si la représentativité n’est pas parfaite, puisque n’ont bien voulu répondre que ceux qui portent un intérêt manifeste pour les questions de travail, cette importe collecte ne propose pas moins quelques résultats intéressants.

Un extrait : « Ceux qui disent prendre du plaisir au travail, que celui-ci les enrichit intellectuellement, qu’ils sont « fiers de dire ce qu’ils font dans la vie », qu’ils ont de bonnes relations avec les collègues et, enfin qu’ils se sentent utiles, déclarent plus fréquemment qu’ils ne travaillent pas que pour l’argent. Un facteur de corrélation serait que moins les satisfactions sont grandes au travail, plus celui-ci prend un sens instrumental, et inversement. Contrairement à des affirmations et généralisations un peu simplistes selon lesquelles « les gens ne veulent pas travailler », la bonne volonté au travail serait d’abord indexée aux diverses satisfactions matérielles mais aussi sociales, psychiques et morales, qu’il procure. Nous pouvons alors entendre le mot « conditions » de travail au sens fort : la volonté de travailler est moins affaire de personnalité, que résultat d’une rencontre avec une situation de travail susceptible d’offrir satisfaction et plaisir. »

Concernant ceux que les auteurs du rapport considèrent comme étant les « malmenés », ils forment fort heureusement une petite minorité. Il s’agit de ceux déclarant faire de manière continue des choses qu’ils désapprouvent, ou inutiles, ou abrutissantes, ou honteuse, ou totalement dénuée de plaisir. 12% des répondants disent vivre au moins l’un de ces cas. Moins de 3% en cumulent deux.

Indépendants et retraités ont également pu répondre à l’enquête, et ces résultats feront l’objet d’analyses à venir.

Rapport des chercheurs en sciences humaines et sociales ici    
Site de l’analyse de l’enquête, avec les chiffres bruts