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Les conditions de travail dépendent du parcours professionnel antérieur

A en croire une étude de la Dares, notre parcours antérieur influerait pour beaucoup sur nos futures conditions de travail, sans qu’il soit encore bien aisé d’en comprendre la causalité. 

Si les personnes en CDD/intérim à un instant T sont, en moyenne, en meilleure santé mentale et physique que celles qui ont des emplois permanents, grâce à un effet de sélection des employeurs, celles qui vivent la précarité à long terme risquent d’expérimenter de mauvaises conditions de travail, pouvant à terme impacter leur santé. En effet, selon une étude de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), la plus ou moins bonne qualité de nos conditions de travail dépend en partie de notre parcours professionnel antérieur.

Parcours « stable », « dynamique » ou « précaire » ?

Cette étude, menée à partir de l’enquête Conditions de travail (2013), distingue trois types de parcours, parmi les salariés ayant terminé leurs études initiales depuis au moins dix ans : les « stables », avec peu ou pas de changement d’emploi et une catégorie sociale stable dans le temps (35,4% des salariés, 55% d’hommes et 45% de femmes), « dynamiques », avec de nombreux changements d’emploi mais une progression professionnelle (38%), et enfin les parcours « précaires », avec déclassement ou aléas de carrière (26,6%, 68% de femmes, et 32% d’hommes). A noter qu’à même profession, les carrières peuvent être « stables » ou « précaires », mais les modèles présentés dans cette analyse ont été neutralisés.

Constat : à métier identique, les salariés aux carrières précaires ont davantage déclaré être exposés aux risques psychosociaux que ceux qui ont connu une carrière stable. C’est notamment le cas pour les fortes exigences émotionnelles (« vivre des tensions » avec l’entourage professionnel, être « en contact avec des personnes en situation de détresse »…), ainsi qu’un manque de reconnaissance (« respect et estime » et « rémunération ») dans leur emploi actuel. Ils connaissent également davantage de déclassement professionnel.

Des expositions différentes selon le genre

Et les types d’expositions à de mauvaises conditions de travail ne sont pas les mêmes en fonction du genre : les femmes à parcours « précaire » rencontrent davantage de conflits de valeur/éthique (« sentiment d’être exploitées », devoir faire « des choses qu’elles désapprouvent ») et d’insécurité socio-économique, les hommes à carrière « précaire » sont quant à eux davantage concernés par le manque d’autonomie et une forte pénibilité physique. Par ailleurs, les femmes ayant eu un parcours « dynamique » évoquent plus souvent des rapports sociaux plus problématiques que celles qui ont expérimenté un parcours stable, notamment à travers des comportements visant à se moquer d’elles ou à les ridiculiser. Les femmes aux carrières précaires se plaignent davantage, quant à elles, de recevoir des propositions à caractère sexuel, ou encore d’avoir été victimes d’agressions verbales. Elles manifestent par ailleurs moins de satisfaction que celles au parcours stable à l’égard de leur emploi, et signalent plus souvent vivre des « changements imprévisibles et mal préparés ».

L’analyse de la Dares précise que la causalité entre l’exposition aux risques professionnels et les trajectoires de carrière est encore difficilement établie. Cela peut résulter du fait qu’une carrière difficile limite la possibilité de choisir son emploi et expose donc plus aux postes présentant de moins bonnes conditions de travail, ou à l’inverse du fait que des conditions de travail difficiles peuvent impacter la santé et ainsi interrompre des trajectoires de carrière. « La méthodologie utilisée ici ne tranche pas entre ces différentes possibilités. »

Pour en savoir plus : RDV ICI