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Franck Taverriti, Makiba : « Les collaborateurs ont besoin d’apporter leur pierre à l’édifice et d’échanger avec leurs collègues et managers »

Makiba est une agence de conseil en expérience collaborateur, qui accompagne ses clients dans l’amélioration de l’environnement de travail de leurs salariés.

Concrètement, comment travaillez-vous avec les entreprises qui souhaitent améliorer leur marque employeur ?

Nous avons développé deux approches, sachant que tous les chefs d’entreprises ne perçoivent pas ces questions de la même manière. La première est orientée vers le conseil et l’accompagnement. Nous travaillons d’abord sur une phase d’audit et de diagnostic, assez légère, sur les thématiques qui nous sont chères en matière d’expérience collaborateur. Nous cherchons notamment à connaître les valeurs de l’entreprise, sa culture, des informations auxquelles les candidats peuvent avoir accès avant d’y entrer. Autrement dit, la « marque employeur ». L’idée n’est cependant pas d’y mettre du vernis et que les collaborateurs soient déçus une fois entrés.Ensuite, nous travaillons sur ce qu’ils se passe tout au long de la vie des collaborateurs dans l’entreprise : leurs relations avec le management, leur équipe, au niveau personnel aussi.Notre objectif est d’identifier leurs attentes autour d’une vingtaine de problématiques, et d’étudier la manière d’y répondre, tout en répondant également aux enjeux relatifs à l’efficacité et à la performance de l’entreprise. Il s’agit aussi de connaître leur niveau d’engagement. L’objectif de cette phase diagnostique est de pouvoir présenter à la direction une vision assez exhaustive et objective de la situation pour pouvoir ensuite décider des axes de travail. Ensuite, nous rentrons très rapidement dans une phase opérationnelle, l’objectif étant de ne surtout pas en rester à une phase de recommandations. Nous mattons donc en œuvre des opérations rapidement, en co-création avec les collaborateurs. Leur participation est un aspect très important pour nous afin d’assurer l’adhésion du plus grand nombre, et la pérennité des solutions. Notre méthode est donc, plutôt que de créer un gros projet et de voir ensuite s’il fonctionne ou pas, de faire l’inverse : nous créons des petits projets et y revenons régulièrement. L’idée est ainsi de « dérisquer » l’aspect financier, et de voir assez rapidement des avancements.

Vous avez également développé une approche plus « concrète » ?

En effet. La branche « Makiba Solutions » propose différentes solutions techniques et technologiques, par exemple en rationnalisant les outils de communication. Les multiples outils qui s’accumulent souvent au fil des années sont aujourd’hui réunis sur des plateformes. Nous travaillons aussi sur l’accompagnement à la mise en place du télétravail, et commercialisons des bureaux réglables en hauteur. Ceux-ci permettent de réduire les troubles musculo-squelettiques (TMS), et offrent une liberté supplémentaire pour le collaborateur, quelle que soit sa taille. On peut ainsi, en ajustant le bureau, travailler debout, puis assis, et alterner les positions au cours de la journée. Au-delà de l’impact en termes de santé, cela permet davantage le travail collaboratif. Car c’est là où, souvent, le bât blesse.

Quelles problématiques retrouvez-vous souvent ?

Les sujets qui reviennent régulièrement tournent autour de la communication interne et du management. Les collaborateurs ont besoin d’apporter leur pierre à l’édifice et d’échanger avec leurs collègues et managers. Beaucoup d’entreprises disent qu’elles sont à l’écoute mais parfois, dans les faits, c’est différent. Pourtant, ça fait partie des principales attentes des collaborateurs, et pas seulement dans les jeunes générations. Par ailleurs, il y a tout ce qui touche à la culture d’entreprise, ses valeurs, et surtout la façon dont elles sont incarnées. Les valeurs, ça peut se résumer à quatre mots affichés à la porte de l’entreprise, mais ce qui est important c’est la manière dont elles sont incarnées au quotidien. On parle ici de bienveillance, d’écoute, de droit à l’erreur, que l’on doit s’accorder entre collègues et avec le management. A savoir qu’elles peuvent évoluer aussi avec le temps et en fonction des personnes qui y travaillent… Si elles ont trente ans, c’est peut-être le moment pour les faire évoluer. Encore une fois : l’ensemble des collaborateurs doivent être acteurs de leur expérience collaborateur et de leur qualité de vie au travail, le management ne doit pas en être l’unique responsable. Ainsi, nous traitons régulièrement de sujets relatifs à l’organisation du temps de travail. Sans même parler de télétravail, il s’agit de confiance. Je fais référence à ces situations, à peine caricaturales, où quand quelqu’un part à 17h, on lui demande s’il a pris son après-midi. La rémunération est aussi un sujet important, mais on remarque que bien souvent la priorité des collaborateurs porte plus souvent sur la reconnaissance, le sens du travail, et les possibilités d’évolution.

On critique souvent, dans les entreprises françaises, la forte tendance au contrôle… Qu’en pensez-vous ?

Nous remarquons souvent un problème de confiance entre les collaborateurs et les managers. D’ailleurs, il est fréquent que ceux-ci n’en soient pas vraiment, étant souvent montés dans la hiérarchie par ancienneté. La confiance est pourtant un vecteur de performance et d’efficacité. Le télétravail fait peur à tout le monde alors même que l’on voit bien le potentiel en matière de gain d’efficacité. En même temps, il faut faire attention au stress qu’il peut provoquer chez les collaborateurs, qui investissent parfois tellement la confiance de leur entreprise qu’ils se mettent eux-mêmes une pression importante. Ce qui n’avait pas forcément été identifié au début du télétravail. En tout cas, l’idée d’un flicage est le meilleur moyen pour que l’expérience de télétravail ne soit pas efficace. Si nous n’avons pas encore de solution toute prête sur ces questions, nous y travaillons en ce moment. Ce que nous savons déjà est que le télétravail a des vertus pour l’entreprise, en termes d’optimisation des locaux, d’évolution du management, justement sur ce sujet de la confiance, et permet de travailler plus sur les livrables que sur le sentiment de présence dans l’entreprise… Il faut cependant rester vigilants, car des effets négatifs peuvent survenir, en matière d’adhésion